Conférence didactique: à qui profite la dette?

La Maison de la Laïcité de Trooz a le plaisir de vous inviter le jeudi 7 mai à 20h à la conférence de Jacques Gaspers et de Grégory Dolcimascolo, « A qui profite la dette ? ».

Conférence didactique qui a l’avantage de vulgariser des concepts économiques parfois compliqués et qui fera la lumière sur les causes, les conséquences mais aussi sur les solutions de cette dette publique.

Résumé de la conférence « A qui profite la dette (publique) », par Grégory Dolcimascolo et Jacques Gaspers, membres du groupe d’Audit Citoyen de la Dette Publique ( ACiDe), section de Liège :

En guise d’introduction, les conférenciers nous content brièvement l’histoire de la dette à travers les âges, soulignant les nombreuses remises périodiques des dettes privées qui émaillent la haute antiquité, dans l’intérêt même du pouvoir qui garantit ainsi la paix sociale, ainsi que l’approvisionnement en nourriture de la cité, car un paysan endetté était souvent mis en esclavage par son créancier. La libération des dettes prend donc un double sens, et rend le paysan à nouveau disponible – double avantage –  en tant que soldat.

L’expérience des templiers, créanciers pourchassés et finalement massacrés par le Roi endetté va inciter  les riches vénitiens et florentins, également créanciers des puissants d’Europe, à construire des cités-États puissamment armées, les mettant à l’abri de pareilles mésaventures. Au passage, ils endettent ces cités-États et créent des titres de la dette qui s’achètent et se revendent, véritables précurseurs des formes modernes de la dette et des créances des États modernes.

Les conférenciers nous invitent ensuite à analyser les dépenses de la Belgique, en en détaillant les postes importants et en insistant sur la part substantielle qu’y prend le remboursement de la dette.

Ils analysent ensuite les origines de la dette, en nous indiquant d’abord d’où elle ne vient pas. Ainsi ils nous démontrent que les dépenses publiques sont stables depuis les années ’80 alors que la dette était encore à moins de 50% du PNB. Nous n’avons donc pas vécu au-dessus de nos moyens.

D’où provient alors l’explosion de la dette ? Ils nous en détaillent alors les causes, graphiques à l’appui. Explosion des taux d’intérêt, politique fiscale injuste, politique monétaire injuste, sauvetages du secteur financier et crise économique sont tour à tour analysés.

La seconde partie de la conférence fait alors le lien entre dette et austérité, nous faisant découvrir les cercles prétendument vertueux de l’austérité et en y opposant son cercle vicieux. Ils nous montrent que notre dette publique s’accroit, malgré de nombreuses mesures de diminution des dépenses publiques et nous expliquent pourquoi. Ils nous dévoilent ensuite ce que davantage encore d’austérité produit en Grèce, sans résoudre le moins du monde le problème de la dette publique et en nous montrant que ces recettes imposées par la Troïka sont un copier-coller de celles imposées par le FMI et la Banque mondiale aux Pays pauvres, ayant mené à une misère plus grande encore des populations, alors que leur dette publique était multipliée par 4 en 30 ans. Ils s’interrogent alors sur le fait de savoir comment nos instances dirigeantes peuvent ignorer à ce point les conséquences des mesures qu’ils imposent. Ils nous confient qu’ils craignent que leurs véritables objectifs soient ailleurs.

En troisième partie, les conférenciers analysent l’état de nos démocraties européennes, en dénonçant notamment les relations incestueuses entre de nombreux politiques et le secteur de la finance, et nous dévoilent comment les grandes institutions financières, telles Goldman Sachs ou HSBC, gangrènent nos institutions démocratiques.

Ils nous proposent ensuite ce qu’eux et de nombreuses associations réclament, à savoir d’abord un moratoire sur le remboursement de la dette, suivi d’un audit citoyen pouvant mener à l’annulation des dettes qui se révèleraient illégitimes, un étalement des remboursements restant dus, et enfin une réforme fiscale urgente des États et de la BCE. Ils nous montrent que des résolutions internationales, des textes légaux, des décisions de tribunaux, des décisions de certains États existent déjà pour mener ce qu’ils considèrent comme un combat.

Ils concluront en proposant de chasser les marchands de la finance du temple parlementaire.

Source: http://trooz.blogs.sudinfo.be/archive/2015/05/05/a-qui-profite-la-dette-149245.html

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