La Grèce devrait mettre sur pied une commission d’audit

Un communiqué Belga du 26/01/15 à lire dans son entièreté sur le site du Vif

La Grèce devrait mettre sur pied une commission d’audit de sa dette publique, avant de procéder à une annulation partielle, affirme Eric Toussaint, le président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM). Selon cet expert belge, consulté par Syriza au cours des derniers mois, le nouveau gouvernement est même tenu par les règles européennes de procéder à un tel audit.

Un audit sera sans doute nécessaire avant d’entrer dans le vif des négociations, détaille le journal Libération.

Contenu de la conférence de presse d’ACiDe

16 octobre 2014 à Namur

Alors que le budget du nouveau gouvernement était en train de tomber, la plateforme pour un audit citoyen de la dette en Belgique (ACiDe) donnait sa première conférence de presse afin de présenter son travail et ses pistes d’alternatives pour sortir du cercle vicieux de la dette et de l’austérité.

Claude Emonts, qui était invité à intervenir en tant que président de la Fédération des CPAS wallons, a souligné d’emblée que l’absence de discours sur la dette (ou celui qui se limite à rechercher l’équilibre budgétaire par la casse sociale) vise à apeurer l’opinion publique, à présenter comme inévitables les décisions politiques qui entraînent des conséquences énormes sur nos vies. Il a ensuite décrit comment les pouvoirs locaux étaient atteints de schizophrénie : ils doivent respecter le sacro saint équilibre budgétaire, sans prendre en compte les nouveaux besoins (et de citer les conséquences sur les CPAS des différentes mesures sur le chômage). C’est bien cette conception toute particulière de la dette et de l’équilibre budgétaire qui amène à cette casse sociale.

Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne, de souligner à son tour que l’équilibre budgétaire n’est recherché que par la diminution des dépenses (de sécurité sociale et services publics, entre autres), avec – parfois – des augmentations de recettes mais qui touchent la majorité de la population et non les plus riches. Le nouveau gouvernement prétend donc imposer 18 milliards d’euros de nouvelles économies structurelles d’ici à 2017 (contre plusieurs milliards de cadeaux aux plus grosses entreprises). On retrouve la même logique aux niveaux de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles1.

Cela, parce que nous refusons de nous pencher sur le problème de la dette. L’austérité ne fonctionne pas. Elle est imposée en Europe depuis 2009, mais par qui ? Qui décide, par exemple, des nouvelles normes comptables appliquées par tout le monde ? Des fonctionnaires européens, en dehors de toute légitimité démocratique. Au-delà des mesures concernant le chômage, l’ensemble des travailleur.euse.s vont continuer à payer ce soi-disant retour à l’équilibre budgétaire. Pour rappel, entre 1993 et 2007 la dette publique a été ramenée de 137 % à 84 % du PIB. Aujourd’hui, depuis que nos amis banquiers sont passés par là, elle est repassée au dessus des 100 %. Et Charles Michel continue à prétendre que nous avons vécu au-dessus de nos moyens ?

Même si nous nous limitions simplement à diviser par deux le taux remboursé nous économiserions 6 milliards par an. Si à cela nous rajoutions des mesures fiscales comme la globalisation des revenus et un retour à la taxation progressive (55 % sur la tranche supérieure) cela ramènerait 8 milliards de recettes supplémentaires dans les caisses de la collectivité. Si on calcule un peu, on remarque que cela représente les montants de la casse sociale actuelle. Cet exercice permettrait en fait de renverser totalement la trajectoire budgétaire et économique en cours. D’où l’intérêt pour nous en tant que FGTB wallonne de participer à des plateformes citoyennes plus larges comme celle-ci, car nous aurons besoin de tout le monde pour les mobilisations à venir.

Emilie Paumard, co-secrétaire générale du CADTM Belgique, a ensuite présenté le travail d’ACiDe et les autres solutions mises en avant par la plateforme. C’est dans ce contexte décrit par les premières interventions qu’ACiDe s’est créé, pour forcer le débat sur une question jamais posée, taboue, question qui représente pourtant 20 % des dépenses annuelles de l’État… On parle de couper dans tous les postes de dépenses sauf dans celui du service de la dette… Pourquoi ? D’où vient la dette ? Qui en a profité ? Pourquoi nous sommes-nous endettés ? À qui remboursons-nous 45 milliards d’euros chaque année ? Pouvons-nous arrêter de payer ?

Très vite, après le lancement de la campagne de fin 2012 (avec la vidéo « à qui profite la dette ? » vue plus de 250.000 fois sur Internet) on a constaté que nous n’étions pas seuls à se poser ces questions et qu’une série d’organisations et d’individus voulaient s’en emparer. Aujourd’hui, une trentaine d’organisations font partie de la plateforme et une dizaine de groupe locaux se sont constitués avec, à chaque fois, un angle d’attaque et une dynamique propres. Ils ont décidé de s’attaquer à la question de la dette fédérale, des dettes régionales ou encore des dettes communales, bien conscients de l’énorme enjeu qu’elles représenteraient dans les mois et les années à venir.

Du côté des groupes locaux, un gros travail a déjà été fait (il y avait trois groupes représentés à la conférence de presse qui ont pu donner les perspectives de leur travail à venir) : ils interpellent les élus pour avoir des réponses à leurs questions (qu’ils n’obtiennent malheureusement pas toujours…), ils créent des outils de sensibilisation (flyers, autocollants, pièces de théâtre, animations de table, etc.), ils écrivent des rapports et interviennent auprès de différents publics pour diffuser les informations dénichées, etc.

Il y a déjà eu 2 rencontres nationales de la plateforme et un site Internet a été créé. Un guide donnant de nombreuses pistes pour se lancer dans l’audit a été rédigé. Enfin, une brochure reprenant les premiers constats et pistes de propositions d’ACiDe a été publié.

L’augmentation de la dette n’est pas le fait de trop de dépenses publiques, elle est le fait de la crise bancaire, de la politique de financement de l’État, des politiques fiscales socialement injustes et des conséquences des politiques d’austérité.

ACiDe propose donc :

1) Plus de transparence et de démocratie.
Plusieurs organisations et groupes locaux n’ont pas eu accès aux informations demandées, ou accès à des informations incompréhensibles, voire changeantes selon les documents analysés. Il ne peut y avoir de démocratie sans accès à une information libre et compréhensible et sans contrôle de la population sur ses comptes publics.

2) Une réduction de la dette dont le coût sera supporté par les responsables de la crise.
– En diminuant le montant et le rythme de remboursement de la dette, en rééchelonnant ou en restructurant celle-ci (en suivant, par exemple, les scénarios présentés par Thierry).
– En allégeant la dette via une réforme de la BCE
(son taux d’intérêt pour les marchés est de 0,05%).
– En annulant une partie du stock de la dette (qui est maintenant de 413 milliards), comme cela a déjà été fait dans d’autres pays.
– En diminuant le stock total de la dette en faisant contribuer les détenteurs de capitaux2.

3) L’annulation des créances odieuses et illégitimes à l’égard des PED.
Le stock des créances de la Belgique à l’égard des pays du Sud ne représente que 2 milliards d’euros (soit moins que l’argent dépensé pour les derniers F16…). Si pour nous ce n’est pas grand chose, pour ces pays il s’agit d’un fardeau scandaleux. Cette conférence de presse s’inscrit d’ailleurs dans la semaine internationale d’actions contre la dette, les fonds vautours et les institutions internationales qui a lieu chaque année à la mi-octobre.

 

Pour conclure

Cette brochure et son contenu n’ont pas vocation à rester dans un placard… C’est pourquoi nous venons d’envoyer une lettre d’interpellation aux parlementaires de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, aux élus locaux, à des CPAS, des associations, des intercommunales, etc. Ceci afin de leur rappeler qu’au sujet des équilibres budgétaires et de la dette il n’y a pas de fatalité, que des alternatives existent et qu’on invite un maximum de monde à s’en emparer.

Contact : acide@auditcitoyen.be

Pour lire la dépêche Belga: http://www.lalibre.be/economie/actualite/les-belges-ont-ils-vecu-au-dessus-de-leurs-moyens-543faa903570102e508fbf58

1 Les chiffres et mesures d’austérité 2015-2017, ainsi qu’une synthèse des constats et propositions d’alternatives de la plateforme ACiDe ont été compilés dans un court document distribué aux journalistes.

2 Plusieurs mesures peuvent être envisagées : augmentation de la progressivité de l’impôt et impôt exceptionnel sur les grosses fortunes ; globalisation des revenus ; lutte active contre la grande fraude fiscale ; taxe sur les transactions financières ; obligation d’acheter des titres de la dette à rendement nul ou très faible pour les ménages les plus riches ; etc.

Formation aux outils et supports pédagogiques sur la dette

Vous êtes militant-e et vous avez envie de tenter l’aventure de l’animation sur la dette ?

Vous êtes déjà animateur-animatrice et vous avez envie de découvrir de nouveaux outils pédagogiques spécifiques sur la dette ?

Vous ne voulez pas vous lancer seul-e et vous souhaitez rencontrer des personnes avec qui proposer des animations sur la dette près de chez vous ?

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Vous n’avez pas spécialement envie de proposer des animations sur la dette mais vous aimeriez déjà bien comprendre quelque chose à cette thématique ?

Rejoignez nous pour un week-end de formations aux outils et supports pédagogiques du CADTM pour expliquer le système dette !

AU PROGRAMME :

SAMEDI 14 JUIN (au choix !)
Matin : la dette au Sud
□ La ligne du temps
□ Le jeu de la ficelle

Après-Midi : la dette au Nord
□ Puzzle des Subprimes
□ Que se passe-t-il dans nos banques ?

■ Le KIKAFEKOI de la dette au Nord

Le soir : on s’détend en ville !

DIMANCHE 15 JUIN
Matin : appropriation des animations
■ Vous choisissez un outil que vous voulez approfondir (parmi ceux vus la veille)

Après-Midi : alternatives (au choix)
□ A vos alternatives !
□ Questions qui piquent

(Et c’est tout !
Et c’est déjà pas mal !)

LE LIEU :

A Liège, rue Belvaux 189 – Grivegnée. Bus 29-33, arrêt Maison Communale.

TARIFS :

35 € (repas et hébergement le samedi soir compris) – 20 € sans l’hébergement.
Parce qu’on est gentils et qu’on ne veut pas que vous vous endettiez pour venir, nous vous proposons des tarifs différenciés. Si vous n’avez pas trop de moyens, si vous êtes travailleur sans emploi, étudiant-e, ou pas assez payé… C’est moins cher : 20 € et 10 €.
Et comme on est très gentils, on vous prépare un dossier avec les guides pédagogiques des animations, des vidéos, des documents… Pensez à amener vos clés USB ! Nous on se charge du reste, et on vous promet que le samedi soir on ne parlera pas de dette ! (sauf si vous insistez…)

POUR S’INSCRIRE :

Vous trouverez ci-dessous une fiche d’inscription. Vous l’imprimez, la complétez et vous nous la renvoyez à l’avenue de l’observatoire 345, 4000 Liège, OU vous recopiez toutes les informations nécessaires dans un mail que vous envoyez à Jérémie : jeremie@cadtm.org.
Merci d’effectuer le paiement par virement sur le compte du CADTM n° 001-2318343-22 / IBAN : BE06 0012 3183 4322, sans oublier la mention WEEK-END OUTILS PEDAS, ainsi que vos noms et prénoms.
Pour toute question, information, contactez Jérémie : jeremie@cadtm.org / 04 79 71 02 00.

Au plaisir de vous y retrouver !

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Brochure d’ACiDe

(la brochure en néerlandais se trouve en bas de l’article – the brochure in het Nederlands onderaan die artikel)

En 2013, vous avez manifesté votre intérêt pour la campagne « A qui profite la dette ? », dont le dessin animé a été vu plus de 250.000 fois.

Vous avez même signé l’appel pour un audit de la dette publique belge.

Cet appel soutenait les organisateurs de la campagne dans leur volonté de mettre sur pied une «enquête approfondie, transparente et contrôlée démocratiquement, permettant de faire la lumière sur l’endettement de la Belgique et de distinguer la part que la population doit réellement rembourser.»

Depuis, du chemin a été parcouru…

Dans la foulée de notre assemblée fondatrice du 19 février 2013, 9 comités locaux ont vu le jour. Un travail de fourmis s’en est suivi sur le terrain : recherche d’informations, épluchage des données, analyses, documents de sensibilisation, interpellation de certains mandataires et de certaines autorités…

Rien ne coule de source. L’opacité est bien réelle. Mais on persévère et on obtient des réponses.

Nous avons considérablement élargi le nombre de partenaires. Nous étions 3 organisations au début, nous sommes aujourd’hui une trentaine à porter les mêmes revendications.

Une plateforme, appelée ACiDe (audit citoyen de la dette) a été créé et a son propre site internet: www.auditcitoyen.be.

Cette plateforme a rédigé un mémorandum à l’attention des partis politiques, en vue des élections du 25 mai 2014. Ce mémorandum contenant les premiers constats et propositions d’alternatives d’ACiDe, nous avons décidé d’en faire une brochure à diffuser largement : voir la brochure.

Et enfin, nous avons mis au point un guide pratique de l’audit de la dette qui vise à faciliter les démarches de tout citoyen ou collectif qui déciderait de s’attaquer au problème : voir le guide.

Les plans d’austérité, les efforts budgétaires successifs n’en sont qu’à leur début. Pourtant, les pays du Sud et, en Europe, la Grèce, sont des preuves accablantes de leur inefficacité.

Le sujet de la dette publique est brûlant et nous sommes convaincus que la conscientisation citoyenne est le meilleur moyen de faire bouger les lignes politiques.

Forts de votre soutien et de notre dynamique grandissante, nous continuons le travail d’éducation populaire et d’action.

N’hésitez pas à prendre contact avec la plateforme ACiDe : acide@auditcitoyen.be

Les contacts des comités locaux figurent sur le site et dans la brochure.

Auditement votre,
L’ACiDe.

Télécharger la  brochure en français.

Download de brochure in het Nederlands.

Jusque dans les bistrots !

Le groupe « sensibilisation/mobilisation » du groupe d’audit liégeois ne s’est pas arrêté à la réalisation d’autocollants. Il a poussé le vice jusqu’à réaliser des sous-bocks aux messages sans équivoques. Si avec ça il y en a encore pour nous dire qu’il faut rembourser les dettes publiques en fermant les yeux ! Voir aussi sur leur page facebook: https://www.facebook.com/auditcitoyendeladette

chomageCe simple graphique montre ce qui représente réellement un gouffre financier pour la collectivité en Belgique : un cinquième des dépenses de l’État est dédié aux comptes en banques des créanciers de la dette publique. Cela représente plus ou moins 45 milliards d’euros par an (13 milliards d’intérêts et 32 milliards de capital arrivé à échéance ou de rachats anticipés). Les 3 % des dépenses totales allant aux allocations de chômage représentent, elles, 7 milliards d’euros… Malgré tout, une des premières mesures « d’assainissement » des comptes que le gouvernement Belge a mis en place a été d’attaquer les chômeurs (et non le chômage), tout cela pour récupérer la bagatelle de 250 millions d’euros maximum. Pour plus d’information, lire l’article de l’ACiDe Liège « Les chômeurs saignent l’État ou l’État saigne les chômeurs… ? ».
Sources: Banque nationale de Belgique, CADTM, Dites33!, ONSS

sauvetage-GreceDepuis 2009 les peuples européens entendent dire de leurs médias dominants et de leurs classes politiques que nous, les contribuables, payons pour les grecs. Il n’y a rien de plus faux. Non seulement les banques privées internationales et les pays du centre (Allemagne, France, entre autres) ont joué un rôle central dans l’endettement du pays (voir à ce sujet le film Debtocracy), mais en plus l’écrasante majorité de l’argent prêté à la Grèce (contre des cures d’austérité sauvages) va directement dans les coffres de ces mêmes banques. Un rapport d’ATTAC Autriche montre très clairement que sur les soit-disant « Plans de sauvetage de la Grèce : 77 % des fonds sont allés à la finance« .

crise-2007Nous vivons au-dessus de nos moyens va-t-on nous dire pour mieux nous faire accepter de payer la dette publique à grands coups d’austérité. Qu’en est-il? Les dépenses en rapport au PIB sont restées stables depuis les années 1990 (plus ou moins 45% du PIB). La dette, elle, a diminué de 138% en 1993 à 84% au moment de la crise. Depuis celle-ci a atteint près de 100% du PIB (elle a en fait augmenté de plus de 100 milliards d’euros en quelques années!). A qui la faute?…
Sources: Banque nationale de Belgique, Agence de la Dette

Politiques fiscales et dettes publiques le 23/04

Les groupes pour l’audit citoyen de la dette de

Marche-en-Famenne et d’Arlon 

vous invitent à une conférence de 

Marco Van Hees

 » Politiques fiscales et dettes publiques  »

Mardi 23 avril à 18h30

FGTB Libramont
rue Fonteny Maroy 13