La dette qui étouffe la société est-elle notre dette ? Ils nous mènent en bateau (4)

Élections communales 2018 – « Ils nous mènent en bateau » (4)

La dette qui étouffe la société est-elle notre dette ?

Au Conseil communal du 14 septembre 2015, l’échevin du Budget insistait ouvertement sur la voie de l’austérité (voir aussi notre fiche « Ils nous mènent en bateau (1) » ) : « Nous devons faire des économies structurelles pour 2 millions d’euros. Cela doit se faire au niveau du personnel et des transferts car la dette est incompressible. C’est une question de bon sens et de décence ».

« Une question de bon sens et de décence »

À entendre le discours de l’échevin des Finances de l’époque, l’argent aurait plus d’importance que ses concitoyens. Cette absurdité conduit non seulement à un déni de la démocratie mais aussi à vider le concept de “pouvoir” politique pour se soumettre au pouvoir de l’argent et des créanciers.
Qui défendra cette logique que “la règle, cela se respecte…”, même au prix d’une perte démocratique ?
L’abandon de responsabilité du politique montre toute l’importance d’une vigilance citoyenne sur les mécanismes de financement des pouvoirs publics.

Une exigence de transparence : ACiDe demande à voir les contrats de la Ville

Le 21 octobre 2015, lors de sa conférence de presse, ACiDe Verviers annonce demander les contrats d’emprunts de la Ville.
Le lendemain, notre intervention est relayée au journal de Télévesdre.
Nous nous sommes penchés sur l’évolution dans le temps d’une trentaine d’emprunts pour esquisser des premiers constats et formuler quelques hypothèses. Nous avons constaté un grand manque de lisibilité sur la présentation de la dette globale.

Au moment où le Collège était confronté à des difficultés financières et que les coupes budgétaires étaient à l’ordre du jour, la gestion de la dette devenait une question politique prioritaire. Était-ce au personnel, à la population précarisés, aux services de secours et aux associations d’assumer les déséquilibres créés ?

ACiDe propose alors de revenir à un financement via des organismes publics. La BCE (Banque Centrale Européenne) pourrait financer directement les états à des taux beaucoup plus intéressants. Une banque publique, coopérative ou socialisée, financerait mieux les pouvoirs locaux. Voir à ce propos l’initiative « Belfius est à nous ».

Nous ne payerons pas leur dette  !
Elle a pour conséquence de paupériser les plus précaires.

Chaque semaine (et parfois plus) d’octobre 2018, retrouvez de nouvelles informations détaillées, des vidéos, des documents,
ici-même
et sur la page Fb d’ACiDe Verviers.

Tract ACiDe pour la manifestation « Avec les Grecs »

Ce dimanche 21 juin aura lieu la première manifestation de soutien à la Grèce organisée par la plateforme « Avec les Grecs », dont ACiDe est membre. Dans cette période où une pression maximale est exercée de la part des créanciers pour empêcher la population de se dégager de l’exploitation par la dette, il est nécessaire que la solidarité internationale soit elle-aussi maximale.

Page de l’événement: https://www.facebook.com/events/361996757342113/

Tract d’ACiDe pour mobiliser d’ici au 21 juin :

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Action « Merci pour la dette! » à l’AG de Dexia

Communiqué du CADTM et d’ACiDe Bruxelles à l’occasion de l’Assemblée générale de Dexia S.A.

20 mai par CADTM , ACiDe 

Cette après-midi, l’assemblée générale de Dexia S.A. fut agitée : des actionnaires ont posé des questions dérangeantes à la direction du groupe bancaire et l’un d’entre eux a même sauté sur la table où siégeaient les membres de cette direction en arborant un t-shirt « DEXIA : MERCI POUR LA DETTE : 9 MILLIARDS € » et en scandant « Dexia, dégage ! Paye ta dette et bon voyage ! », « Dexia, t’as joué, mais qui paye l’austérité ? »

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« Dexia, dégage ! ¨Paye ta dette et bon voyage ! »
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« Dexia, t’as joué, mais qui paye l’austérité ? »

Rappelons que Dexia a très bien fonctionné pendant plus de 100 ans lorsqu’elle était une banque publique. Mais moins de 20 ans après sa privatisation, elle s’est effondrée.

La population a alors été contrainte par les dirigeants politiques – sans même que les parlementaires n’aient été consultés – d’éponger ses pertes. Depuis 2008, le coût des différents sauvetages de Dexia s’élève déjà à 9 milliards d’euros ! |1| Ce montant pourrait encore s’alourdir vu que Dexia continue d’enregistrer des pertes et que l’État belge a déposé à l’époque une garantie d’État sur toutes ses dettes jusqu’en 2031 pour un montant de 43,7 milliards d’euros… (soit 20% du budget de l’État).

Bien que Dexia continue de constituer une menace pour la collectivité, les dirigeants de la banque ne donnent pas de réponses satisfaisantes à ces questions essentielles :

  • Qui sont les créanciers de Dexia qui bénéficient de cette incroyable garantie de l’État belge ?
  • Les pertes du groupe Dexia s’élèvent à plus d’un demi-milliard pour 2014. Quel est le risque de devoir recourir encore une fois aux fonds publics pour recapitaliser la banque ?Le CADTM et le groupe bruxellois de la plateforme d’audit citoyen de la dette en Belgique ACIDE exigent :
  • des réponses claires à ces questions ;
  • l’annulation de la garantie de l’État belge aux dettes privées de Dexia S.A.
  • l’annulation des 33 milliards d’euros de dette illégitime que constituent les sauvetages bancaires réalisés par l’État depuis 2008 ;
  • que des poursuites soient engagées contre les responsables de la débâcle de Dexia, parmi lesquels se trouvent l’ex-Ministre des Finances Didier Reynders, l’ex-gouverneur de la Banque nationale de Belgique Guy Quaden, l’ex-président de l’autorité des services et marchés financiers Jean-Paul Servais, ainsi que les administrateurs et directeurs en charge |2| ;
  • qu’il soit interdit à ces responsables d’exercer un métier bancaire vu leur incompétence ;
  • que Belfius (séparée du groupe Dexia) soit mise sous contrôle de ses employé.e.s et des usagers.

Plus généralement, nous sommes pour que l’ensemble du secteur des banques et des assurances soit socialisé car « la banque est un métier bien trop sérieux pour le laisser aux mains des banquiers », que les responsables de la crise se voient présenter la facture et que cesse toute forme d’austérité.

Pour plus de détails, voir le documentaire ’Dexia : démocratie confisquée’ produit par Zin TV, le CADTM, ATTAC-Bruxelles 2 et ATTAC-Liège.

Et nous ne manquons pas de rappeler au Ministre des Finances actuel ses belles paroles de 2013 :

Les responsables

Ce que les citoyens reprochent peut-être encore plus à leurs politiques, c’est qu’on n’a toujours pas désigné de responsables pour la débâcle Dexia. La commission parlementaire chargée du dossier s’est révélée inutile. Il a été seulement constaté qu’une banque, sans que personne ne s’en inquiète, peut gonfler son bilan jusqu’à trois fois le PIB de ce pays en contractant des dettes énormes. En tant que successeur de Bacob et du Crédit Communal, Dexia comptait de nombreux politiques et responsables dans ses groupements d’intérêt et conseils d’administration de ses différentes sociétés bancaires. Ces derniers n’ont rien fait.

Les personnes en cause ne manquent pas. L’internationalisation mégalomane et l’expansion endettée de Dexia a eu lieu sous la direction du président Piere Richard et du CEO Axel Miller. Aujourd’hui Richard profite d’une belle pension aux frais de Dexia, Miller continue sa carrière (à la tête de D’Ieteren). La FSMA de l’époque, sous la direction de Jean-Pol Servais, n’a rien vu, rien entendu, rien remarqué des dérapages de Dexia. Pourtant, ce même Servais se trouve toujours à la tête de la FSMA et espère prolonger son mandat.

Après 2008 aussi, des erreurs ont été commises. Jean-Luc Dehaene et le CEO Pierre Mariani n’ont pas sauvé le navire en perdition, notamment parce qu’ils désiraient conserver le groupe Dexia dans sa totalité et qu’ils ont voulu épargner les actionnaires et les créanciers. C’est pourquoi, à un moment où c’était peut-être possible, le portefeuille gigantesque d’obligations d’état n’a pas été supprimé et les créanciers n’ont pas été impliqués.

Et que dire des nombreux administrateurs de Dexia Group et de Dexia Banque (l’actuelle Belfius) et des responsables d’Arco et du Holding communal, les deux gros actionnaires belges de Dexia ? Personne n’a donc rien à se reprocher ? La Cour des comptes française a récemment publié une analyse démontrant que Dexia a chaviré à cause de son modèle financier vulnérable (financer à court terme des obligations à long terme) et sa faiblesse administrative où les administrateurs, les actionnaires, la direction et les contrôleurs se comportaient comme un groupe d’amis et de personnes partageant les mêmes idées. Peuvent-ils tous continuer comme si de rien n’était ? Manifestement, c’est le cas en Belgique.

Trends Tendances du 27 août 2013 : http://trends.levif.be/economie/politique-economique/les-10-travaux-de-di-rupo-le-cas-dexia-1-10/article-normal-175641.html

Notes

|1| Premier sauvetage en 2008 pour 2 milliards + achat de Belfius en 2011 pour un prix surévalué de 4 milliards + deuxième sauvetage en 2012 pour 3 milliards.

|2| Pour ne citer qu’un exemple : Pierre Richard, ancien patron du groupe Dexia, s’est vu remercié d’une retraite-chapeau dont la provision dépasse les 10 millions d’euros…

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Appel pour soutenir la Grèce qui résiste et sa Commission pour la Vérité sur la Dette publique

Pour le droit des peuples d’auditer la dette publique.

Aux peuples d’Europe et du monde entier,
À toutes celles et à tous ceux qui rejettent les politiques d’austérité et n’acceptent pas de payer une dette publique qui nous étrangle et qui a été contractée sans nous et contre nous.

Nous, signataires de cet appel, nous nous rangeons au côté du peuple grec qui, par son vote aux élections du 25 janvier 2015, est le premier en Europe et dans l’hémisphère nord à avoir rejeté les politiques d’austérité appliquées au nom du paiement d’une dette publique contractée par « ceux d’en haut » sans le peuple et contre le peuple. En même temps, nous considérons que la création, à l’initiative de la Présidente du Parlement grec, de la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, constitue un événement historique d’une importance capitale, non seulement pour le peuple grec mais aussi pour les peuples d’Europe et du monde entier !

Le problème de la dette constitue un fléau qui sévit presque partout en Europe et dans le monde

En effet, composée de citoyennes et de citoyens volontaires venus des quatre coins du globe, cette Commission ne va pas manquer de faire des émules dans d’autres pays. D’abord, parce que le problème de la dette constitue un fléau qui sévit presque partout en Europe et dans le monde. Ensuite, parce qu’il y a désormais des millions et des millions de citoyennes et de citoyens qui, à juste titre, posent des questions à la fois élémentaires et fondamentales concernant cette dette :

« Qu’est devenu l’argent des emprunts, à quelles conditions ces emprunts ont-ils été conclus ? Combien d’intérêts ont été payés, à quel taux, quelle part du principal a déjà été remboursée ? Comment la dette a-t-elle enflé sans que cela profite au peuple ? Quels chemins ont suivi les capitaux ? À quoi ont-ils servi ? Quelle part a été détournée, par qui et comment ? 

Et aussi : Qui a emprunté et au nom de qui ? Qui a prêté et quel a été son rôle ? Comment l’État s’est-il trouvé engagé, par quelle décision, prise à quel titre ? Comment des dettes privées sont-elles devenues « publiques » ? Qui a engagé des projets inadaptés, qui a poussé en ce sens, qui en a profité ? Des délits, voire des crimes, ont-ils été commis avec cet argent ? Pourquoi n’établit-on pas les responsabilités civiles, pénales et administratives ? »

Toutes ces questions vont être analysées de manière rigoureuse par la Commission spéciale créée à l’initiative de la Présidente du Parlement hellénique. Cette commission a reçu comme mandat officiel de « rassembler toutes les données en rapport avec l’émergence et l’accroissement démesuré de la dette publique et de les soumettre à un examen scientifique minutieux afin de définir quelle en est la portion qui peut être identifiée comme dette illégitime ou illégale ou odieuse ou insoutenable, cela tant pendant la période des Mémorandums, de mai 2010 à janvier 2015, qu’au cours des années précédentes. Elle doit aussi publier des informations précises, accessibles à tous les citoyens, étayer les déclarations publiques, susciter la prise de conscience de la population grecque, de la communauté internationale, de l’opinion publique internationale, et enfin rédiger des arguments et des demandes relatifs à l’annulation de la dette. »

Nous considérons que c’est le droit démocratique le plus élémentaire de tout citoyen de demander et d’obtenir des réponses claires et précises à toutes ces questions. Nous considérons aussi que refuser d’y répondre constitue un déni de démocratie et un refus de transparence de la part de ceux d’en haut qui ont inventé et utilisent le « système-dette » afin de rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Plus grave encore : nous considérons qu’en gardant jalousement pour eux le monopole de décider du sort de la société, ceux d’en haut privent l’écrasante majorité des citoyennes et des citoyens non seulement du droit de décider, mais surtout du droit de prendre entre leurs mains leurs destinées ainsi que les destinées de l’humanité !

C’est pourquoi, dans cette situation d’urgence nous lançons à toutes les citoyennes et à tous les citoyens, aux mouvements sociaux, aux réseaux et mouvements écologiques et féministes, aux syndicats de travailleurs et aux formations politiques qui ne se reconnaissent pas dans cette Europe néolibérale et de moins en démocratique et humaine, l’appel urgent suivant :

Exprimez votre solidarité à cette Grèce qui résiste en soutenant maintenant et en actes la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque et son travail d’identification de la partie illégale, illégitime, odieuse et/ou insoutenable de cette dette.

Défendez-la contre les attaques indignes dont elle fait l’objet de la part de tous ceux qui, en Grèce et dans le monde, ont intérêt à garder bien cachée la vérité sur le « système-dette ».

Participez activement aux processus d’audit citoyen de la dette qui sont en train de se développer partout en Europe et ailleurs.

Partagez en réseau votre soutien et votre solidarité, car seuls ce soutien et cette solidarité internationale sont en mesure de contrecarrer le plan des puissants d’asphyxier la Grèce qui lutte contre nos ennemis communs : les politiques d’austérité et la dette qui nous étranglent !

Face à un adversaire expérimenté, uni, bien coordonné, armé de pouvoirs exorbitants et surtout décidé à mener jusqu’au bout son offensive contre nous tous et toutes qui constituons l’écrasante majorité de nos sociétés, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de résister séparément, chacun dans notre coin.

Unissons donc nos forces dans un vaste mouvement de solidarité avec la Grèce qui résiste et apportons notre soutien à la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, en multipliant de telles commissions d’audit de la dette partout où cela est possible.

La lutte du peuple grec est notre lutte et sa victoire sera notre victoire car seule notre union fait notre force.

Pour signer, cliquez ici : GreekDebtTruthCommission.org

Liste indicative des 300 premières personnes ayant signé l’appel :

1. Immanuel Wallerstein, sociologist, historical social scientist, and world-systems analyst, USA
2. Noam Chomsky, MIT, USA
3. Ken Loach, film and television director, UK
4. Hugo Blanco Galdos, historico dirigente movimiento campesino indigeno, Peru
5. Etienne Balibar, philosophe, France
6. Frei Betto, writer, political activist, liberation theologist, Brazil.
7. Leonardo Boff, theologist and writer, Professor Emeritus of Ethics, Philosophy of Religion, and Ecology at the Rio de Janeiro State University, Brazil.
8. Gaillot Jacques, France, Évêque
9. Paul Jorion, Belgique, Détenteur de la chaire « Stewsardship of Finance », Vrije Universiteit Brussel, Belgium
10. Padre Alex Zanotelli- missionatio comboniano(Napoli- Italia)
11. Ada Colau (major candidate, Barcelona en Comú) Barcelona- Estat español
12. Susan George, honorary president of Attac-France ; president of the Transnational Instistute, France
13. Costas Isychos, Deputy Minister of National Defense, Greece
14. James Petras, retired Bartle Professor (Emeritus) of Sociology at Binghamton University in Binghamton, New York and adjunct professor at Saint Mary’s University, Halifax, Nova Scotia, Canada who has published prolifically on Latin American and Middle Eastern political issues, USA
15. ALBIOL GUZMAN Marina parlamentaria electa del Parlamento Europeo en las Elecciones al Parlamento Europeo de 2014 por la coalición de La Izquierda Plural.
16. DE MASI Fabio, Ökonom und Politiker (Die Linke). Bei der Europawahl 2014 wurde er in das Europäische Parlament gewählt.
17. CHRYSOGONOS Kostas, European parliamentarian, Syriza, Greece
18. LOPEZ BERMEJO Paloma, sindicalista y política española. Fue elegida eurodiputada, Izquierda Plural, Espana
19. Ransdorf Milislav, Member of the European Parliament for the Communist Party of Bohemia and Moravia, Czech Republic.
20. FORENZA Eleonora, , Parlamentaria Europea (L’Altra Europa con Tsipras) membro della segreteria nazionale del Partito della Rifondazione Comunista, Italia
21. Arcadi Oliveres, economista català i un reconegut activista per la justícia social i la pau, Catalunya
22. Jorge Riechmann, Jorge Riechmann, ensayista, poeta y profesor de filosofía moral (Universidad Autónoma de Madrid). Miembro del Consejo Ciudadano de Podemos en la Comunidad de Madrid.
23. Joanne Landy. Co-Director, Campaign for Peace and Democracy, New York City, USA
24. Tariq Ali, writer, UK
25. Mariana Mortagua, députée Bloco, Portugal
26. Cecilia Honorio, députée Bloco, Portugal
27. João Semedo, députée Bloco, Portugal
28. José Soeiro, député Bloco, Portugal
29. Jeffrey St. Clair,editor of CounterPunch, author of Born Under a Bad Sky and Grand Theft Pentagon, USA
30. Nico Cué, secrétaire général de la FGTB Métal, Belgium
31. Jaime Pastor, Profesor de Ciencia Política y editor de Viento Sur.
32. Michael Lowy, ecrivain, professeur, France
33. Paolo Ferrero, segretario nazionale del partito della Rifondazione Comunista- Sinistra Europea, Italia
34. Farooq Tariq , General secretary , Awami Workers Party, Pakistan
35. Andrej Hunko, depute Die Linke, Germany
36. Annette Groth, depute Die Linke, Germany
37. Mireille Fanon Mendes France ,Expert ONU, France
38. István Mészáros, Professor Emeritues of Philosophy, University of Sussex, Hungary/UK
39. Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic, France
40. Aminata Traore, ancienne ministre de la culture du Mali
41. CARMEN LAMARCA PEREZ, catedratica de Derecho Penal Universidad Carlos III de Madrid, Espana
42. Francisco Louçã, Bloco de Esquerda, Portugal
43. Pablo Micheli, secrétaire général de la CTA (Central de los Trabajadores Autónoma de la Argentina)
44. Joxe Iriarte « Bikila », Miembro de la coordinadora nacional de la organizacion vasca, Alternatiba y de la coailicion Eh-Bildu.
45. Mary N. Taylor, member of editorial board, LeftEast website/Assistant Director, Center for Place, Culture and Politics, City University of New York., USA
46. Ahlem belhadj, pédopsychiatre ; militante féministe, Tunisie
47. Achin Vanaik, founding member of the Coalition for Nuclear Disarmament and Peace and a co-recipient of the International Peace Bureau’s Sean McBride International Peace Prize for 2000, India
48. Michel Warschawski, ecrivain-activiste, Israel
49. Eleonora Forenza, eurodeputata “L’Altra Europa con Tsipras”, Italia
50. Besancenot Olivier, NPA, France
51. Sol Trumbo Vila , Economic Justice, Corporate Power and Alternatives Program , Transnational Institute (TNI)
52. Jesper Jespersen,professor of Economics,Roskilde University, Denmark
53. Marta Harnecker, writer Chile
54. Michael A Lebowitz, economist Canada
55. Krivine Alain, NPA, France
56. Marco Revelli, professore universitario ed ex portavoce “L’Altra Europa con Tsipras”, Italia
57. Marcel Francis Kahn, medecin, France
58. Houtart Francois, Fundaciõn Pueblo Indio del Ecuador
59. SAMIR AMIN,Professeur d’Université,Président Forum Mondial des Alternatives, France
60. Mariya Ivancheva, member of editorial board, LeftEast website/Post-doctoral research fellow, University College Dublin, Ireland
61. Pablo Echenique, Podemos, Espana
62. Gustave Massiah (AITEC (Association Internationale des Techniciens Experts et Chercheurs),membre du Conseil International du Forum Social Mondial, France
63. Juan Carlos Monedero, Podemos, Espana
64. Achcar Gilbert, professor SOAS University of London, UK
65. Gerardo Pisarello (Barcelona en Comú) Barcelona -Estat Español
66. Paul Lootens, Président, Centrale Générale FGTB, Belgium
67. Vicent Maurí, Portavoz Intersindical Valenciana, Espana
68. Pablo Micheli, secrétaire général de la CTA (Central de los Trabajadores Autónoma de la Argentina)
69. Dr Pritam Singh DPhil (Oxford) ,Professor of Economics,Department of Accounting, Finance and Economics, Faculty of Business, Oxford Brookes University, Oxford, UK
70. Raúl Camargo Fernández, candidato en la lista de Podemos a la Comunidad
de Madrid. Miembro de Anticapitalistas, Espana
71. Miguel Benasayag, philosophe, psychanalyste, Argentina/France
72. Vincent DECROLY, ancien parlementaire fédéral indépendant, membre du Secrétariat de VEGA (Vert et de gauche), Belgium
73. Catherine Samary, économiste et altermondialiste, France
74. Harribey Jean-Marie, professeur de sciences économiques et sociales, France
75. Coutrot Thomas, économiste, porte parole d’Attac France
76. Aziki Omar, Secrétaire général, ATTAC/CADTM MAROC
77. Marga Ferré, Coordinadore General de areas Izquierda Unida, Espana
78. Vladimir Unkovski-Korica,member of editorial board, LeftEast website/ Assistant Professor, Higher School of Economics, Moscow, Russia
79. Alessandra Mecozzi,Libera International, Italia
80. Dr. Elmar Altvater, Politikwissenschaftler, Autor und emeritierter Professor für Politikwissenschaft am Otto-Suhr-Institut der FU Berlin., Germany
81. Guido Viale, economist, promotore della lista “L’Altra Europa con Tsipras », Italia
82. Gustave Massiah (AITEC (Association Internationale des Techniciens Experts et Chercheurs)membre du Conseil International du Forum Social Mondial, France
83. Dr Guy Standing,,Fellow of the Academy of Social Sciences, Professor in Development Studies, School of Oriental and African Studies,University of London. Co-President, Basic Income Earth Network (BIEN), UK
84. Julio Perez Serrano, Head of the Contemporary History Research Group, Faculty of Philosophy and Letters,Universidad de Cádiz, Espana
85. Roberto Musacchio, già eurodeputato, Italia
86. Véronique Gallais, militante et actrice de l’économie sociale et solidaire, membre du conseil scientifique d’Attac France
87. Jean Gadrey, économiste, Conseil scientifique Attac, France
88. Rossen Djagalov,member of editorial board, LeftEast website/ Assistant Professor, Koç University, Istanbul, Turkey
89. Paul Mackney – Co-Chair, Greece Solidarity Campaign, UK
90. Katz Claudio, economist, profesor, Argentina
91. Monique Dental, présidente fondatrice Réseau Féministe « Ruptures » France
92. John Weeks, economist. He is a Professor Emeritus of the School of Oriental and African Studies of the University of London, UK
93. Luciana Castellina, già deputata e già presidente Cultura del Parlamento Europeo, presidente onoraria ARCI
94. Tijana Okic, University of Sarajevo, Faculty of Philosophy, Philosophy, Faculty Member, Bosnia/Herzegovina
95. Josep Maria Antentas, profesor de sociología de la Universitat Autònoma de Barcelona (UAB), Espana
96. David Graeber, London School of Economics, Usa/UK
97. Sergio Rossi, Full Professor & Chair of Macroeconomics and Monetary Economics, University of Fribourg, Switzerland
98. Óscar Carpintero,Profesor de Economía Aplicada,Facultad de Ciencias Económicas y Empresariales, Universidad de Valladolid, Espana
99. Geoffrey Harcourt, Emeritus Reader in The History of Economic Theory, Cambridge 1998 ; Professor Emeritus, Adelaide 1988 ; Visiting Professorial Fellow, UNSW 2010–2016, Australia
100. Janette Habel , universitaire, France
101. ANDREJA ZIVKOVIC, sociologist and member of Marx21, Serbia
102. Philippe Diaz, cinéaste, réalisateur de « The End of Poverty », USA
103. Attac Castilla y Leon . España.
104. Andrew Ross, Professor of Social and Cultural Analysis, New York University, USA
105. Lieben Gilbert, Secrétaire Générale CGSP Wallonne, Belgium
106. Esther Vivas, periodista, Estado español
107. Pierre Salama, economiste, professeur emerite des universités
108. Teresa Gómez, economista,miembro del Círculo 3E (Economía,Ecología y Energía) de PODEMOS
109. PACD (Plataforma Auditoria Ciudadana de la Deuda), Espana
110. Liliana Pineda, abocada, escritora -15M-movimiento por la defense de agua, Espana
111. Claude Calame,Directeur d’études, EHESS, ATTAC,Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Centre AnHiMA (Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques, UMR 8210), France
112. Teivo Teivainen, Professor of World Politics, University of Helsinki, Finland
113. Yannis Thanassekos, Professeur de Sociologie politique, ancien directeur de la Fondation Auschwitz, collaborateur scientifique à l’université de Liège, Belgium
114. Enrique Ortega,, professor-movimiento por la defense de agua, Espana
115. Dr. Karl Petrick,Associate Professor of Economics, Western New England University, UK
116. Rosa Moussaoui, grand reporter à L’Humanité, France.
117. Eric Corijn, Professeur Etudes Urbaines, Vrije Universiteit Brussel
118. Dr. Jorge Garcia-Arias,Associate Professor of Economics,University of Leon, Espana
119. Lankapeli Dharmasiri, member of the Polit Bureau of the NSSP, Sri Lanka
120. Colectivo Internacional Ojos para la Paz
121. Yves Sintomer, Membre de l’Institut Universitaire de France, Professeur de science politique, chercheur au CSU-CRESPPA (CNRS/Université Paris-Lumières), France
122. Prabhat Patnaik, Economist, New Delhi.
123. Roger Silverman, Workers’ International Network, UK
124. Des Gasper, professor of public policy, The Hague, Netherlands
125. Dr Julian Wells, Principal lecturer in economics, School of Economics, History and Politics, Faculty of Arts and Social Sciences, Kingston University, UK
126. Lluís Alòs i Martí, profesor economia,Barcelona
127. Benoit Hazard, Anthropologue, Institut interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain (UMR Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales/ Centre National de la Recherche Scientifique), France
128. Bruno THERET, Bruno Théret, économiste, Directeur de recherche émérite au CNRS, université Paris Dauphine, France
129. Steve Keen, professor Head, School of Economics, Politics & History,Kingston University London, UK
130. Jennar Raul Marc, écrivain, France
131. Franchet Pascal, vice-président CADTM, France
132. Adda BEKKOUCHE,Juriste, France
133. Marie-Dominique Vernhes, Rédaction du « Sand im Getriebe » (ATTAC), France
134. Claude Serfati, Economiste, France
135. Samy Johsua, professeur émérite Aix Marseille université
136. Dr. Antoni Domenech, Full Professor of Methodology of Science Faculty of Economics, University of Barcelona, Espana
137. Bibiana Medialdea, economist, Espana
138. Judith Dellheim, Berlin, Zukunftskonvent, Germany
139. Dra. Patricia Britos (Universidad Nacional de Mar del Plata, Argentina)
140. Syed Abdul Khaliq, Focal Person, Executive Director Institute for Social& Economic Justice (ISEJ) Pakistan
141. María Elena Saludas, ATTAC Argentina / CADTM – AYNA, Argentina
142. Gerard PERREAU BEZOUILLE, Premier Adjoint honoraire de Nanterre, France
143. BENHAIM RAYMOND, CEDETIM, ECONOMISTE, France
144. António Dores, Professor Auxiliar com Agregação do Departamento de Sociologia do Centro de Investigação e Estudos de Sociologia (CIES/ISCTE-IUL), Portugal
145. Annie Pourre, No Vox International, France
146. Pedro Ibarra catedrático ciencia política Universidad país vasco, Espana
147. Dan Gallin, Global Labour Institute, Geneva, Switzerland.
148. Cossart Jacques, économiste, France
149. Richard Danie, responsable syndicale FGTB, Belgium
150. Rome Daniel, Attac – Professeur d’économie gestion, France
151. ANGEL GARCÍA PINTADO (escritor y periodista), Espana
152. Gotovitch José, historien, Professeur hon. Université Libre de Bruxelles, Belgium
153. Nacho Álvarez, Professor of Applied Economics, University of Valladolid, Member of Podemos, Espana
154. Dr. Jeff Powell,Senior Lecturer, Economics,Department of International Business & Economics, University of Greenwich, Old Royal Naval College, London, UK
155. J. Francisco Álvarez DNI 41981064S Full Professor of Logic and Philosophy of Science. National Distance University of Spain. Madrid, Espana
156. Christian Zeller, Professor of Economic Geography, University of Salzburg, Austria
157. Dillon John,Ecological Justice Program Coordinator, KAIROS : Canadian Ecumenical Justice Initiatives, Canada
158. Jean-Claude SALOMON, DR honoraire au CNRS, conseil scientifique d’Attac, France
159. Dr.Oscar Ugarteche,Instituto de InvestigacioneEconómicas,UNAM,Ciudad,universitaria, Coyoacán, México DF04510,Coordinador OBELA, Mexico
160. Alberto Montero, economistas de Podemos, Espana
161. Dr Vickramabahu,new same society party- NSSP, Sri Lanka
162. João Romão, Music Sociologist, University of Leipzig, Germany
163. Michel Rouseau, Euromarches, France
164. Julio Alguacil Gómez. Profesor de Sociología. Universidad Carlos III de Madrid, Espana
165. Fernando Rosas, professeur universitaire, Portugal
166. Dr Neil Lancastle,Senior Lecturer, Department of Accounting and Finance, DE MONTFORT UNIVERSITY, LEICESTER, UK
167. Rosaria Rita Canale,Associate professor in Economic Policy, Dept. of Business and Economics, University of Naples « Parthenope », Italia
168. Antonio Baylos, Professeur du Droit de Travail. Université Castilla La Mancha, Espana
169. Abdallah Zniber, ancien président du réseau Immigration Développement Démocratie (IDD) – France
170. Eric Fassin, sociologue, Université Paris-8, France
171. Paul Ariès, politologue, rédacteur en chef du mensuel les Zindigné(e)s, France
172. Nuno Rumo, Democracia e Divida, Portugal
173. Roland Zarzycki, Not Our Debt, Poland
174. Nicolas Sersiron, Président cadtm France et auteur, France
175. Noemi Levy, phd in economics. Chair professor Noemi Levy, UNAM. Economic Faculty, Mexico
176. Domenico M. Nuti, Emeritus Professor, Sapienza University of Rome, Italia
177. Christine Pagnoulle, ATTAC Liège, Université de Liège, Belgium
178. . Dr Judith Mehta, heterodox economist, recently retired from the University of East Anglia, Norwich, UK.
179. Maria João Berhan da Costa, CADPP, Revista Rubra, Habita, Portugal
180. Héctor Arrese Igor, profesor Universidad de Buenos Ayres, Argentina.
181. Ciriza Alejandra, Dra. en Filosofía por la UNCuyo. Investigadora Independiente del CONICET, INCIHUSA CCT Mendoza. Directora del Instituto de Estudios de Género (IDEGE) de la Universidad Nacional de Cuyo, Mendoza, Argentina.
182. René Passet, Professeur émérite d’économie à l’Université Paris 1- Panthéon-Sorbonne, France
183. Dr. Susan Caldwell, professor (retired), Conseil d’administration d’Alternatives, Montréal, Canada
184. Dr. Deborah Potts , Reader in Human Geography, King’s College London, UK
185. Dr. James D. Cockcroft, author, professor (retired), Honorary Editor Latin American Perspectives ; a founder Red en Defensa de la Humanidad ; Montréal, Canada
186. Daniela Tavasci , senior lecturer ,Queen Mary University of London, UK
187. Wilfred Dcosta, Indian Social Action Forum – INSAF,New Delhi, India
188. Malcolm Sawyer,Emeritus Professor of Economcs,University of Leeds, UK
189. Matyas BENYIK, Chairman of ATTAC, Economist, Budapest, Hungary
190. Ricardo Ortega Gonzalez, economista, funcionario de Eusko Jaurlaritza-Gobierno Vasco, Espana
191. Gabriel Colletis, Professeur de Sc. économique à l’Université de Toulouse 1-Capitole. France
192. Adam Rorris, National Coordinator, Australia-Greece Solidarity Campaign, Australia
193. Carlos Durango Sáez , Universidad Carlos III de Madrid, Espana
194. Dr. Laura Horn, Associate Professor, Roskilde University, Denmark
195. Dr. Peter Herrmann, Федеральное государственное бюджетное образовательное учреждение высшего профессионального образования « Российский экономический университет имени Г.В. Плеханова/
Federal state-funded educational institution of higher professional education Plekhanov Russian University of Economics, Russia
196. Dr. Miriam Boyer, ibero-Amerikanisches Institut, Germany
197. Jérôme Duval, CADTM, Estado español
198. Michael Hartmann, Professur für Elite- und Organisationssoziologie, Technische Universität Darmstadt, Germany
199. Dr. Ulrich Duchrow, professor, Scientific Council of Attac Germany
200. Mogens Ove Madsen,Associate Professor, Department of Business and Management, Aalborg University, Denmark
201. Guglielmo Forges Davanzati, Professor of Political Economy,University of Salento, Italia
202. Mehmet Ugur,Professor of Economics and Institutions, University of Greenwich Business School, UK
203. Jacques Berthelot, économiste, France
204. Herbert Schui, Prof. of Economics, Germany
205. Mateo Alaluf, Prof émérite de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), Belgium
206. Michele CANGIANI, economist, ecrivain, université Ca’ Foscari, Venise, Italia
207. Marcela de la Peña Valdivia, Chargée de missions (Sociologue, Maitrise en gestion interdisciplinaire de l’environnement, spécialité femmes et développement. Certificat interuniversitaire d’évaluation de politiques publiques, Suisse
208. Jean Batou, professeur, Université de Lausanne, Suisse
209. Julia Varela Fernández, catedrática de sociología de la universidad complutense, Espana
210. Benny Asman, Economic historian, Belgium
211. Pepe Mejia, activista/militante de Attac Madrid, Plataforma contra la operación especulativa en Campamento, Plataforma en Defensa de la Sanidad Pública de Latina, miembro de Podemos y de Anticapitalistas, Espana
212. Joaquin Aparicio Tovar, Catedrático de Derecho del Trabajo y La Seguridad Social. Decano, Universidad de Castilla-La Mancha, Espana
213. raffaella bolini – Arci
214. International Alliance of Inhabitants (Cesare Ottolini IAI Global Coordinator)
215. Marco Bersani, Attac Italia
216. Professor Robert Dixon,Department of Economics, The University of Melbourne, Australia
217. Nicolás Giest, argentinian lawyer, and a also a researcher about the argentinian external debt, Argentina
218. Anastassia Politi, metteur en scène – comédienne, France
219. Luis Glez Reyes. Ecologistas en Acción, Espana
220. Georges Menahem, Economiste et sociologue, directeur de recherche au CNRS, MSH Paris Nord, France
221. Franck Gaudichaud, enseignant-chercheur Université Grenoble-Alpes (France)
222. Iván H. Ayala, profesor universitario, investigador del Instituto Complutense de Estudios Internacionales, Espana
223. Asier Blas Mendoza – Profesor del Departemento de Ciencia Política de la Universidad del País Vasco UPV/EHU, Espana
224. Jean NKESHIMANA, Country Program Manager, Terre des Jeunes du Burundi
225. Piero Di Giorgi, direttore di Dialoghi Mediterranei, Italia
226. Dr. Stefanie Wöhl,Guest Professor,University of Kassel,Political Science Department, Kassel, Germany
227. Enzo Scandurra, Full Professor of Urban Planning, Sapienza University of Rome, Italia
228. Massimo Pasquini, Segretario Nazionale Unione Inquilini, Italia
229. Manuel Martínez Forega, Crítico literario y filólogo. Estudios de Filología Española, de Filología
Románica y de Derecho en la Universidad de Zaragoza, Espana
230. Josep Maria Antentas, profesor de sociología de la Universitat Autònoma de Barcelona (UAB), Espana
231. Barry Finger, Editorial board member, New Politics, Netherlands
232. Giusto Catania, Assessore al Comune di Palermo. – Ex Deputato europeo, Italia
233. Janette Habel , universitaire, France
234. Francesco Denozza, Professore ordinario di diritto commerciale., Dipartimento di diritto privato e storia del diritto., Università degli Studi di Milano, Italia
235. Javier De Vicente, (on behalf of) UNION SINDICAL OBRERA (USO), Secretario Confederal de Accion Internacional, Espana
236. Sebastian Franco (Alter Summit wants to sign the Call for the Commission on debt audit).
237. Jonathan Davies, Professor of Critical Policy Studies, De Montfort University, UK
238. Katu Arkonada – Red de Intelectuales en Defensa de la Humanidad, Espana
239. Juan Tortosa, periodista, Espana
240. Eleonora Ponte, Movimento NO TAV Valle di Susa, Italia
241. Pablo de la Vega, Coordinador Regional, En representación de la “Plataforma Interamericana de Derechos Humanos, Democracia y Desarrollo (PIDHDD Regional)”, organización de derechos humanos de carácter regional, con presencia en 15 países latinoamericanos y caribeños, y sede administrativa en Quito Ecuador
242. Matias Escalera, Cordero, Escritor y profesor, Espana
243. Enzo Traverso, Cornell University, USA
244. José Manuel Lucía Megías, Catedrático de la Universidad Complutense de Madrid, Escritor, Espana
245. Juan Ramón Sanz, Presidente de la Fundación « Domingo Malagón » Madrid España
246. Bruce Clarke, artiste plasticien, France
247. Luis Buendia, Associate Professor of Economics, Espana
248. Dominique Taddéi, économiste, ancien député, président de la commission des lois à l’Assemblée Nationale, France
249. Isabel Pérez Montalbán, escritora, Espana
250. Pablo Duque García-Aranda. Músico y profesor. Madrid, España
251. Frédéric Neyrat, philosophe français, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie et Docteur en philosophie (1998). Il est membre du comité de rédaction de la revue Multitudes et de la revue Lignes, France
252. Daniel TANURO, militant écosocialiste, membre de la LCR, Belgium
253. BRACONNIER, Yves, CGSP-Enseignement-Luxembourg, Belgium
254. Jean-Marie Roux, économiste et syndicaliste France
255. Antonio Canalìa sindacalista CGIL Piemonte Italia
256. Michel Cahen, senior researcher, CNRS/Sciences Po Bordeaux, France.
257. Yu Maxime, Compositeur-Comédien, Liège, Belgiun
258. Renato Zanoli – Commissione Ambiente PRC Torino – Italia
259. Luis Cabo Bravo, miembro de IU de Madrid y de la dirección del PCE, Espana
260. Giorgio Ferraresi, “Società dei territorialisti”, già Ordinario di urbanistica al Politecnico di Milano, Italia
261. Edouard Bustin, enseigne les Sciences Politiques à l’Université de Boston et est, également, membre du Centre d’études africaines, USA/Belgium
262. Guillermo Cruz, Guillermo Cruz, realizador de documentales (€uroestafa), España,
263. Françoise Clément, chercheur militante altermondialiste, France
264. Gianni Fabbris – coordinatore nazionale di Altragricoltura –
Confederazione per la Sovranità Alimentare, Italia
265. Luis Dominguez Rodriguez. , Presidente de Attac Castilla y Leon.
266. Antonio Martinez-Arboleda, Reino Unido, profesor universitario, Espana
267. Werner Ruf, Professor an der Universitaet Kassel, Germany
268. Ricardo García Zaldívar. Economista. Activista (Attac España
269. Pratip Nag, Unorganised Sector Workers Forum, India
270. Marc Amfreville (professeur Paris-sorbonne), France
271. L’Initiative de Solidarité avec la Grèce qui Résiste – Bruxelles, Belgium
272. Jean-Michel Ganteau, Professeur, Université Montpellier 3, France
273. Marco Revelli, professore universitario ed ex portavoce “L’Altra Europa con Tsipras”, Italia
274. Rosa Rinaldi, Direzione Rifondazione Comunista
275. Sylvie FERRARI, Associate professor in economics, University of Bordeaux, France
276. Srecko Horvat, Independent scholar, Croatia
277. Karl Fischbacher (Labournet-Austria)
278. Guido Ortona (Prof. Ordinario di Politica Economica),Dipartimento DIGSPES,, Università del Piemonte Orientale, Italia
279. oscar flammini, Espacio de Cultura y Memoria « El Rancho Urutau » de la Ciudad de Ensenada,Provincia de Buenos Aires,Argentina
280. Isabel VAZQUEZ DE CASTRO, Enseignant-Chercheur, formatrice ESPE, France
281. Arnal Ballester, dessinateur. Catalogne, Espana
282. amal Juma, coordinator of the Stop the Wall Campaign.
283. Liliane Blaser, Documentalista, Venezuela
284. Gonzalo Haya Prats, profesor y director del Departamento de Teología en la Universidad del Norte de Chile ; profesor de habilidades directivas en instituciones de enseñanza empresarial en España
285. Sol Sánchez Maroto. Socióloga/Antropóloga/ Activista (Attac España)
286. Raquel Freire, cineasta, activista, Portugal
287. Lisa Tilley, Erasmus Mundus GEM Joint Doctoral Fellow, Department of Politics and International Studies, University of Warwick, Université Libre de Bruxelles, Belgium
288. Thomas Berns, professeur, Université Libre de Bruxelles, Blegium
289. Francesca Gobbo , former Professor of Intercultural Education & Anthropology of Education, University of Turin, Associate Editor of « Intercultural Education », Italia
290. Marcos Del Roio, prof. de Ciências Políticas UNESP, Brasil.
291. Andrea Zinzani, researcher in Political Geography, CNRS (Paris), France
292. MARIAN SANTIAGO (ciberactivista ecosocial), Espana
293. Gloria Soler Sera, Barcelona, escritora-profesora, Espana
294. Sara Rosenberg, escritora y dramaturga, Argentina-España
295. CARINA MALOBERTI, Consejo Directivo Nacional – ATE-CTA (Asociación Trabajadores del Estado – Central de Trabajadores de la Argentina)
296. Convocatoria por la liberación Nacional y Social, Frente Sindical :
Agrupación Martín Fierro (Varela, Mar del Plata y Neuquén
297. Massimo Torreli, Responsabile “L’Altra Europa con Tsipras”.
298. Hichem SKIK, universitaire, dirigeant Parti « Al-Massar » (Voie démocratique et sociale), Tunisie
299. Inma Luna,escritora, poeta, periodista y antropóloga, Espana
300. Manuel Giron, catedratico, Alicante, Espana

Le Ministre des finances veut réaliser un audit de la dette publique

Le communiqué en fichier pdf ici

897346-0

Après le 1e avril, construisons réellement un audit de la dette publique en Belgique !

Nous y avons presque cru… Cependant, ce n’était pas encore ce 1er avril 2015 que notre Ministre des finances a décidé de réaliser un audit de la dette publique avec participation citoyenne.

Payer aveuglément la dette et « rassurer les marchés » reste une priorité pour le gouvernement de droite actuel.

Ce serait pourtant la moindre des choses !
En effet :

– Un audit de la dette publique ne serait que l’application d’un principe démocratique de base : la vérification des comptes ;

– L’annulation de la dette odieuse ou illégitime des pays en voie de développement ne serait que l’application d’un engagement qui date de plus de 8 ans déjà (mars 2007) !

Mais cela ne tombera pas du ciel. C’est pourquoi, nous, la plateforme d’audit citoyen de la dette publique en Belgique « ACiDe », continuons le travail pour que ces exigences élémentaires deviennent réalité, et plus encore !

C’est pourquoi nous vous invitons à participer, questionner, informer et construire avec nous des alternatives crédibles et efficaces à l’esclavage de la dette !

www.auditcitoyen.be

Rejeter l’austérité en mettant en question le paiement de la dette, c’est possible en Grèce ! Pourquoi pas chez nous ?

Le communiqué en format pdf

La plateforme d’audit citoyen de la dette en Belgique ACiDe salue le choix démocratique du peuple grec de rejeter les politiques d’austérité lors des élections du 25 janvier 2015. Cette victoire, obtenue malgré l’ingérence et la pression des dirigeants de l’Union européenne et des institutions de la TroÏka (Commission européenne, BCE et FMI), ouvre une brèche contre l’Europe de la finance, le diktat des dettes illégitimes et l’austérité mortifère. Une autre Europe devient possible !

Dans tous les pays d’Europe, cette victoire doit être perçue comme un formidable encouragement à combattre des politiques profitables aux seuls détenteurs de capitaux.

En à peine deux semaines, le gouvernement a annoncé qu’il allait :

>Octroyer la gratuité de l’électricité aux 300.000 ménages qui étaient sans courant
>Stopper les ventes forcées de maisons de personnes incapables de rembourser leur prêt hypothécaire
>Rétablir le salaire minimum légal à son niveau antérieur (751euros)
>Augmenter les faibles pensions et établir un treizième mois de pensions
Réengager 3500 fonctionnaires licenciés (dont les nettoyeuses du Ministère des finances)
>Dissoudre l’organe créé par la Troïka pour gérer les privatisations
>Renoncer à la vente des ports du Pirée et de Thessalonique
>Donner la nationalité grecque à tous les enfants des migrants nés ou ayant grandi sur le territoire
>Abolir les honoraires de visite à l’hôpital et les frais d’ordonnance
>Refuser de ratifier le TTIP
>Remettre en cause des contrats d’armement liant la Grèce aux fabricants allemands et français
>Mettre fin à l’usage des gaz lacrymogènes lors des manifestations

Contrairement à ce qu’on nous répète depuis des décennies, il existe bien une alternative à la rigueur budgétaire et au paiement aveugle de la dette !

Nous soutenons la proposition de Syriza d’une conférence internationale sur la dette grecque et européenne, comme ce fut notamment le cas pour l’Allemagne de l’Ouest en 1953. Bien que le contexte politique était fort différent, en bénéficiant d’une annulation de plus de 60 % de sa dette et de conditions de remboursement particulièrement favorables, l’Allemagne a pu se reconstruire rapidement.

Nous soutenons la réalisation d’un audit des dettes publiques avec participation citoyenne afin de déterminer celles qu’il faut refuser de payer. Loin d’être une solution qui se suffit à elle-même, l’audit est un outil important pour changer le rapport de forces en faveur des peuples.

Dans le cas où les créanciers refuseraient la mise en œuvre de solutions viables pour le pays, nous soutiendrons un acte unilatéral de désobéissance de la Grèce. N’oublions pas que les plans d’austérité (et les prêts qui leur sont liés) imposés par la Troïka sont illégaux au regard du droit européen et international.

Notre plateforme ACiDe a déjà publié un document mettant en évidence plusieurs solutions concrètes pour briser le cercle vicieux de la dette et de l’austérité. Le remboursement de la dette publique continue de coûter 45 milliards par an aux finances belges (20% du budget) alors que tous les autres postes de dépenses sont rabotés.

Dans la période qui s’ouvre, notre collectif va intensifier son action pour mettre en débat le caractère insoutenable, illégitime, illégal, voire odieux d’une grande partie des dettes publiques en Europe. Il continuera son travail d’éducation permanente en proposant aux mouvements sociaux et aux populations des analyses et outils pédagogiques permettant de comprendre les tenants et aboutissants de la dette, et participera activement aux mobilisations visant à sortir de la spirale infernale « dette-austérité ».

C’est aux populations et non aux marchés financiers ou à la Troïka qu’il revient de déterminer démocratiquement leur devenir. Notre collectif est totalement solidaire de la population grecque et de tous les peuples en lutte pour une société socialement juste et écologiquement soutenable.

Site Internet : www.auditcitoyen.be

Page facebook : « Et si on arrêtait de payer ? »


 

La Grèce devrait mettre sur pied une commission d’audit

Un communiqué Belga du 26/01/15 à lire dans son entièreté sur le site du Vif

La Grèce devrait mettre sur pied une commission d’audit de sa dette publique, avant de procéder à une annulation partielle, affirme Eric Toussaint, le président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM). Selon cet expert belge, consulté par Syriza au cours des derniers mois, le nouveau gouvernement est même tenu par les règles européennes de procéder à un tel audit.

Un audit sera sans doute nécessaire avant d’entrer dans le vif des négociations, détaille le journal Libération.

Qui doit payer ?

Cet article est une contribution du CADTM pour les débats rencontrés lors de l’audit citoyen en Belgique

Ce texte clôture une série d’articles dédiés à la dette illégitime en Belgique (voir ci-dessous). Afin d’alimenter le débat au sein, et en dehors, de la plateforme d’audit citoyen de la dette en Belgique (ACiDe), nous avons développé plusieurs analyses permettant d’affirmer qu’une partie importante de la dette belge est illégitime (dans le sens où elle n’a pas profité à la majorité de la population). Dans cet article, nous nous concentrons sur deux autres questions fondamentales : qui doit assumer (payer) une dette illégitime ? Et comment ?

Dettes illégitimes en Belgique : les sauvetages bancaires (1/5)

Dettes illégitimes en Belgique : l’injustice fiscale (2/5)

Dettes illégitimes en Belgique : la politique de financement (3/5)

Dettes illégitimes en Belgique : l’utilité de l’audit citoyen (4/5)

1) Rappel sur l’utilité de l’audit citoyen

Sans revenir sur le précédent article, rappelons que l’utilité de l’audit citoyen est plurielle : il s’agit de (1) sensibiliser au maximum la population à cette question et de forcer le débat, quasiment absent, sur la dette ; de (2) trouver et diffuser des données (faits et chiffres) qui appuient les propositions alternatives au paiement aveugle de la dette (dont l’annulation) et permettent d’identifier des responsabilités, et enfin ; de (3) pratiquer et poser la question du contrôle populaire sur les deniers publics.

L’audit se doit d’être citoyen dans le sens où nous ne pouvons pas attendre des gouvernements qu’ils fassent la transparence sur les finances publiques, et encore moins qu’ils les mettent au service de l’intérêt général.

2) Rappel sur le concept d’illégitimité

De manière succincte : peut être considéré comme illégitime ce qui ne répond pas à l’intérêt général. Ce qui (ne) relève (pas) de l’intérêt général est subjectif, il est défini selon les rapports de force en présence. Les mouvements sociaux, tout comme les fédérations patronales ou encore les gouvernements, définissent tous ce qu’ils prétendent être de l’intérêt général : les quotas CO2 alloués à Arcelor Mittal ? la chasse aux sans-papiers ? le maintien de l’index ? le développement des 2e et 3e piliers de pension ? la dette des sauvetages bancaires ? la taxe sur les millionnaires ? le service minimum ? etc.

Malgré cet état de fait, il existe au sein de l’opinion publique une confusion – alimentée par le discours dominant – entre « illégalité », « inutilité », « illégitimité », etc. Les sauvetages bancaires (tels qu’ils ont été menés) ou la politique fiscale de l’État, tous deux illégitimes à nos yeux, ne sont pas inutiles. Ils servent les intérêts d’une minorité détentrice de capitaux, pour qui ces politiques sont très utiles. Nous sommes en présence d’un gouvernement légal, cela ne le rend pas pour autant légitime |1|. Sinon, pourquoi manifester, mener des grèves, ou tout simplement contester ?

Soyons responsables en effet, et questionnons-nous sur les origines de cette dette et sur les alternatives à son paiement aveugle.

L’utilité du concept d’illégitimité est précisément de combattre cette confusion, de renverser le discours et d’engager la possibilité, pour une couche la plus large possible de la population, de considérer une dette – ou toute autre mesure/politique – comme étant illégitime et devant donc être remise en cause. Une dette illégitime, qui n’a pas profité à la majorité de la population, ne doit pas être remboursée par cette majorité. Le rabâchage médiatique et gouvernemental nous invite à être « responsables » et à faire « des efforts tous ensemble ». Soyons responsables en effet, et questionnons-nous sur les origines de cette dette et sur les alternatives à son paiement aveugle.

3) Qui doit payer ?

Qui paie la dette actuellement ? La majorité de la population, via les différentes mesures d’austérité et à grands coups de 45 milliards d’euros (soit 12 % du PIB, ou 20 % des dépenses de l’État) qui atterrissent annuellement dans les poches des créanciers.

Grosso modo, chaque année, l’État rembourse une trentaine de milliards de capital arrivant à échéance, une dizaine de milliards d’intérêts sur les emprunts en cours et plus ou moins cinq milliards de rachats anticipés. C’est plus que les dépenses de pension et de chômage rassemblées…

A qui verse-t-il cet argent des contribuables ? On ne peut pas le savoir. L’identité des créanciers de la dette belge n’est pas publique. Cependant, on sait par la Banque nationale que moins de 3 % du stock de la dette sont détenus par des particuliers et que 80 % sont détenus par des institutions financières (banques, assurances, fonds de pension, etc.) |2|.

Sachant que ces dernières (ou plus précisément leurs propriétaires) sont les responsables de la crise et de l’endettement, qu’elles profitent de la dette et de l’austérité, et qu’elles représentent la majorité des créanciers, la réponse à la question « qui doit payer ? » nous paraît assez claire… Plusieurs propositions existent pour cela : elles ont d’ailleurs été listées dans la brochure d’ACiDe.

4) Comment ?

– En restructurant la dette :

C’est actuellement l’option privilégiée en Europe. Or, de nombreuses expériences nous montrent que lorsque les défauts de paiement sont menés par les tenants du pouvoir, ou en concertation avec ceux-ci, c’est bien la majorité de la population qui est mise à contribution et non les responsables. Un des cas les plus proches et les plus récents est celui de la restructuration de la dette grecque de mars 2012. Celle-ci a été conditionnée à de nouvelles mesures d’austérité et visait surtout à permettre aux banques privées étrangères de se dégager d’un risque de défaut grec, tout en limitant leurs pertes |3|. Le CADTM fait partie des acteurs qui privilégient au contraire un acte unilatéral de suspension de paiement. Celui-ci permet de (1) stopper la saignée sans plus attendre, d’ (2) identifier les créanciers qui viennent alors exiger leur « dû » et de (3) créer un rapport de force avec ces créanciers pour décider de manière souveraine – à travers un audit – qui sera indemnisé ou pas (voir plus bas).

– En taxant le capital :

Une autre proposition est celle de taxer la partie la plus riche de la population pour rembourser la dette. Il s’agirait d’un juste retour aux choses. Pour le CADTM, il s’agirait plutôt de rendre d’une main ce qui a été pris de l’autre et, surtout, d’éviter de poser la question de l’annulation de la dette alors que les deux mesures pourraient être appliquées conjointement |4|.

Si la mesure nous semble tout à fait nécessaire, pourquoi utiliser cet argent pour rembourser les créanciers plutôt que pour investir dans la transition sociale et écologique ? En termes de justice sociale et environnementale, il apparaît plus pertinent de faire les deux.

Si la dette était proche de zéro, une taxe sur le capital se justifierait tout autant. La penser comme solution suffisante à la dette est dangereux : les plus ou moins 10 milliards d’euros d’impôt sur la fortune sont bien loin de faire le poids face aux plus ou moins 400 milliards de dette. Même si on y ajoute d’autres mesures de justice fiscale, il faudrait nécessairement envisager autre chose.

Il s’agit de faire preuve de désobéissance face à un système qui utilise la dette comme outil de domination, pas uniquement de trouver une solution comptable à celle-ci.

Enfin, et surtout : il s’agit de faire preuve de désobéissance face à un système qui utilise la dette comme outil de domination, pas uniquement de trouver une solution comptable à celle-ci. Se limiter à cette mesure enlèverait tout questionnement sur la dette et signifierait que l’on accepte de rembourser intégralement les créanciers. Politiquement, on valide la dette et on ne créé aucun précédent.

– En annulant la dette :

On a vu dans l’histoire, longue comme récente, que la question n’est pas tellement de s’il y aura défaut de paiement ou non, mais de qui va payer. On a également pu y voir que la réponse à cette question dépend du débat et du rapport de force créés. Imaginons, donc, demain une annulation totale ou partielle de la dette publique en Belgique. Qui serait touché par une telle répudiation ?

Les créanciers dont on parlait plus haut. Concernant la petite proportion de particuliers – qui sont peut-être pour la plupart des ménages très aisés – il est tout à fait possible d’appliquer une discrimination positive envers d’éventuels ménages au patrimoine moyen. Concernant les institutions financières, qui nous dit que celles-ci ne feront pas subir leurs pertes liées à une annulation sur la majorité de la population (leurs employé.e.s, leurs client.e.s, leurs intermédiaires, etc.) ? Rien, évidemment.

L’annulation ne peut se concevoir comme une mesure isolée, car elle entraînera automatiquement d’autres questions et des mesures complémentaires, elle fait partie d’un programme plus large de sortie de crise et du capitalisme.

L’annulation ne peut se concevoir comme une mesure isolée, car elle entraînera automatiquement d’autres questions et des mesures complémentaires, elle fait partie d’un programme plus large de sortie de crise et du capitalisme. Il s’agira donc de rembourser totalement ou partiellement les éventuels petits détenteurs de titres (un plafond peut être défini) ; de renationaliser les fonds de pensions (comme en Argentine après la crise) et, au-delà, de poser la question de la socialisation du secteur bancaire et des assurances ; de bloquer les mouvements de capitaux si besoin (comme cela a été fait à Chypre récemment) ; etc. Toutes ces mesures qui s’ajoutent à l’annulation pourraient justement être financées par… une taxe sur le capital (taxe fortement progressive, voire confiscatoire) et sur le patrimoine des responsables de l’endettement public illégitime et de la crise. Comme disait Thomas Sankara (président du Burkina Faso de 1983 à 1987) : « Ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu, la vie continue »…

Si cette mesure est tellement décriée par le pouvoir en place, c’est bien qu’elle lui a toujours fait peur |5|. Il lui préférera toujours une taxation accrue sur le capital ou – mieux encore – une restructuration, plutôt qu’un acte souverain l’attaquant au cœur de son système |6|. Désobéir à la dette illégitime et poser la question de son annulation est une question éminemment démocratique.

Notes

|1| Un article d’Eric Toussaint revenant sur la distinction élémentaire entre légalité et légitimité devrait bientôt être publié. Il revient sur des exemples concrets de chaque cas de figure : gouvernement légal et légitime, légal mais illégitime, illégal mais légitime, illégal et illégitime.

|2| Nous faisons ici référence aux créanciers résidents, la banque nationale ne donnant pas de catégories pour les créanciers extérieurs (en sachant que la dette publique est aujourd’hui plus ou moins détenue à 50/50 par des résidents et étrangers).

|3| Pour plus de détails sur l’opération, lire : « Le CADTM dénonce la campagne de désinformation sur la dette grecque et le plan de sauvetage des créanciers privés », mars 2012.

|4| À ce sujet, lire le texte co-signé par plus de 80 personnalités belges : « Taxer le capital ET annuler la dette »

|5| Lire, entre autres : « Un dialogue Piketty-Graeber : comment sortir de la dette » de Médiapart.

|6| À ce sujet, voir – entre autres – les déclarations du FMI en faveur d’une taxe sur les plus riches ou celles, plus récentes, du Financial Times en faveur d’une restructuration de la dette en Europe. Pierre Moscovici, commissaire européen chargé de l’Économie, vient également de postuler que : « si une annulation partielle ou totale de la dette est exclue, elle peut être remboursée à un rythme ou à un autre. Un rééchelonnement pourrait être envisagé », de même pour Bruno Colmant en Belgique

Rq: Un prochain texte pourra se pencher sur les « réactions » possibles à l’annulation et sur ce que l’on pourrait considérer comme des politiques de financement et d’endettement alternatives.